« Vive les vacances ! Fini les pénitences ! Les cahiers au feu, la maîtresse au milieu ! » On la connaît cette comptine, apparemment violente, mais que les enfants chantent avec le sourire - on sait bien que c’est pour de
, comme on dit dans les cours de récréation. Cette
donc marque la fin des classes, et le début des vacances, enfin des vacances scolaires. Celles qu’on appelle communément « les grandes vacances », qui ne se limitent pas au mois d’août, mais couvrent
deux mois : juillet et août. On voit bien le sens particulier qu’a l’expression, pour désigner ce moment qui sépare deux années scolaires. Parfois d’ailleurs, on appelle « petites vacances » les périodes de la Toussaint, ou de mardi-gras. Mais la formule est un peu ancienne : elle date de l’époque où les vacances dites de Noël et de Pâques étaient sensiblement plus longues que les
jours que les écoliers avaient début novembre ou mi-février.
Quant au mot vacances lui-même, il a pris un sens particulier en
de son emploi et même de son nombre. Peut-on dire que le mot ne s’emploie qu’au pluriel ? Oui d’une certaine façon. Le mot vacance, au singulier, existe bien, mais avec un sens tout différent. Donc on peut dire qu’il existe deux mots différents, bien qu’ils soient
: ils se prononcent de la même façon, mais ont des identités différentes.
La vacance, c’est au départ le fait d’être vacant, c’est à dire
. Les deux mots appartiennent à la même famille. Mais en français, ce terme de vacance n’a jamais de sens concret. Un bouteille n’est pas vacante quand il n’y a rien dedans. En revanche un poste est vacant quand personne ne remplit sa charge. Et le mot prend alors une fonction assez administrative : il y a vacance de poste après une
, une mutation, un départ à la retraite, ou un
. Le poste existe toujours, indépendamment de la personne qui travaille. La
est là, si vous voulez, mais il n’y a personne dessus. Donc on peut postuler pour être nommé à ce poste. On voit bien à quel point ce vocabulaire renvoie à une tradition administrative, où la règle est importante.
Et c’est justement dans une telle administration, la juridique, qu’on a commencé à mettre un « s » au mot vacance. Pas seulement dans un but pluriel… car bien sûr, on peut parler de plusieurs vacances de poste. Mais en utilisant de manière
le mot pluriel. A la fin du 16ème siècle, les vacances commencent à désigner les périodes où les
ne siègent pas. De fil en aiguille, le mot va s’appliquer aux jours de congé, pendant lesquels on ne travaille pas... Et tout doucement, on va glisser vers le monde de l’école : les vacances modernes sont nées, et ricocheront vers les adultes. Eux aussi ont parfois besoin de vacances, et les
.
Source : Radio France Internationale et Centre national de Documentation Pédagogique.<
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http://www.rfi.fr/>
Émission d’Yvan Amar