Ça bouge sur le front de l’avortement, et même on peut dire que ça recule, puisqu’une assemblée d’un état américain, le Dakota du Sud, vient de l’
.
L’avortement, on sait ce que c’est : une intervention qui permet de stopper une grossesse en cours d’évolution. Donc d’éviter une naissance non désirée. Le mot est ancien et sa décomposition permet d’en comprendre le
. Il vient du latin ab-ortare. Ortare veut dire « naître ». Le participe passé ortus veut donc dire « né ». Et « ab » sert dans ce cas de
négatif. On pourrait donc s’attendre au mot abortement, qui n’existe pas. Mais on retrouve ce « b » d’origine dans d’autres mots comme abortif.
Maintenant que l’on a compris le sens général du mot avortement, voyons un peu les
, leurs emplois et leurs raisons d’être. En 1974, lorsque l’avortement a été
en France, grâce à la loi Weil, le terme technique officiel retenu a été « interruption volontaire de grossesse », très vie
en IVG. Et l’usage de cette expression peut s’expliquer à partir de deux considérations :
IVG met l’accent sur le caractère
de l’acte, alors que le mot avortement peut également désigner un événement accidentel, qu’on appelle couramment « fausse couche ».
D’autre part, le mot avortement a souvent été lié à des
péjoratifs. Et il faut se souvenir que l’avortement a été longtemps en France, non seulement illégal, mais considéré comme un crime ! L’IVG, sigle technique, et même un peu hygiénique, rétablit la
morale et juridique de l’acte.
Dans le famille avortement, on trouve quand même quelques rejetons : l’adjectif avorteur, parfois utilisé comme un nom. Ce dérivé est nettement péjoratif : un avorteur, un médecin avorteur était considéré comme un
. On a vu l’
de l’adjectif abortif. Son retour à l’étymologie lui donne un aspect bien plus scientifique, et le nettoie moralement, d’une certaine façon. A noter, une expression qui courait quand l’avortement était interdit : une faiseuse d’anges, une femme qui pratiquait les avortements de façon
.. L’expression joue sur plusieurs allusions :
L’ange est un être purement spirituel : allusion à la disparition physique du fœtus, à l’absence physique du nouveau-né. Les enfants morts sont censés devenir des anges, dans l’inconscient populaire.
Source : Radio France Internationale et Centre national de Documentation Pédagogique. http://www.cndp.fr/ http://www.rfi.fr Emission d’Yvan Amar